Pérou

Description du pays

Intitulé officiel du pays : République du Pérou Carte Perou
Capitale : Lima (9,9 millions d’habitants en 2015) 
Superficie : 1 285 000 km²
Population : 30,4 millions d'habitants en 2015
Peuples et ethnies : 45% d'Autochtones, 37% de Métis, 15% d'ascendance européenne (surtout espagnole), 3% issus de l'immigration (Afrique, Asie)
Langues : espagnol, quechua, aymara (parlées surtout dans les Andes)
Religion : 85% de catholiques 
Institution politique : démocratie présidentielle
Président : Ollanta Humala (mandat de 2011 à 2016)

Le Pérou, ancien pilier de l'Empire Inca, baigne dans un univers mystique attrayant par sa culture, ses monuments historiques et son ancienne civilisation. Les volcans, l’Amazonie, la Cordillère des Andes et son désert sans fin sont aujourd'hui les reflets d’un pays aux multiples facettes. Le territoire péruvien est sujet à des tremblements de terre, des inondations et des glissements de terrain dus au phénomène El Niño ainsi qu'à des activités volcaniques. Lima continue de s'étendre depuis les années 1950, marquées par l'exode rural et la forte augmentation de la population, avec des bidonvilles servant alors de remparts et repoussant sans cesse les limites de la ville. La religion catholique continue de jouer un rôle important dans les mentalités de la société péruvienne, ce qui peut parfois peser sur les conditions déjà difficiles des personnes vivant en situation précaire, notamment au niveau de la contraception, qui est assez mal vue.   

La population péruvienne est relativement jeune: les personnes de moins de 15 ans représentaient 27% de la population totale en 2014. En 2013, le taux de mortalité pour 1000 naissances était situé à 13. L'espérance de vie se situait à 73,5 ans en 2015.  Quant au taux d'alphabétisation, il était d'environ 99% pour les jeunes de 15 à 24 ans en 2013. L'économie péruvienne est principalement basée sur l'exploitation de ses ressources naturelles (surtout minières), agricoles et marines à destination de la Chine et des États-Unis. Le PIB du Pérou est l'un de ceux qui croît le plus vite dans le monde. Le tourisme représente aussi un secteur porteur pour l'économie péruvienne et Lima tend à devenir une nouvelle destination touristique dans le futur.  

Au cours des 20 dernières années, le pays a traversé plusieurs crises politico-sociales assez violentes qui ont marqué les esprits des Péruviens. Le règne d'Alan García, de 1985 à 1990, fut marqué par des conflits opposant des groupes terroristes militant pour le droit du peuple et contre l'arrivée du capitalisme étranger. C'est dans ce contexte déjà tendu qu'un conflit a éclaté dans les années 1980-1990, opposant les forces de l'État aux groupes du « Sentier Lumineux » d'Abimaël Guzman inspiré du maoïsme et du « Movimiento Revolucionario Tupac Amaru » (MRTA). Pendant cette période, de nombreux massacres et enlèvements entraînèrent un état d'insécurité sociétale qui aura entre autres pour conséquence l'exode massif des habitants des régions rurales vers la capitale, entraînant ainsi une véritable crise urbaine à Lima. Plusieurs quartiers qui prenaient l'allure de bidonvilles étaient complètement dépourvus de services et d'infrastructures. Ce conflit des années 1980-1990 aurait entrainé environ 60 000 morts et 600 000 déplacés de guerre. L'arrivée au pouvoir de Fujimori en 1990 marque l'arrêt du terrorisme et le retour au calme, bien que ses pratiques d'arrestation et de torture pour stopper les terroristes soient largement accusées de violations contre les droits de l'homme. Depuis le début des années 2000, l'accent a été mis sur le développement social ainsi que sur l'ouverture politique et économique au niveau international. Bien que le Pérou soit en croissance et qu'il y ait eu de grandes améliorations du point de vue social, il reste beaucoup à faire au niveau de la modernisation des infrastructures, le développement de l'éducation, la réduction de la pauvreté ou la lutte contre le trafic de cocaïne. Il existe aussi depuis 2011 une détérioration de la paix intérieure, ce qui pose de nouvelles problématiques pour le Pérou. Les autorités et les médias expliquent ces nouvelles tensions par un éventuel retour du groupe terroriste du Sentier Lumineux, qui aurait une forte emprise sur le trafic de cocaïne dans le pays.

En 2015, encore 30% de la population péruvienne vivait sous le seuil de pauvreté. Les inégalités sont encore très marquées au Pérou, où 50% de la population rurale est touchée par la pauvreté contre seulement 20% dans les zones urbaines. À Lima même, les inégalités sociaux-économiques sont aussi visibles entre les différents quartiers. D'ailleurs, chaque Liménien(ne) paie un montant d'impôts différent selon la zone qu'il ou elle habite dans la ville et non selon son revenu, ce qui contribue à un certain immobilisme social, car le fait de s'installer dans une zone « plus aisée » impliquerait de payer plus d'impôts.   

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L'état de la situation des jeunes en contexte de rue au Pérou

Au Pérou, la majorité des jeunes en contexte de rue se retrouve dans la capitale à Lima, bien qu'il existe très peu de statistiques à ce sujet. On les appelle les « pirañitas », soit piranhas en espagnol. Un nombre important de ces jeunes qui vivent dans les rues de Lima proviennent des régions rurales environnantes comme Huancavelica, Ayacucho et Huànuco. Ceux-ci vivent dans des conditions socioéconomiques généralement très précaires. Dans les rues de Lima, on retrouve davantage de jeunes garçons que de jeunes filles, ces dernières ne représentant que 25 % des jeunes rencontrés dans la rue. Cela s'explique par le fait qu'elles vont plus souvent hésiter à quitter le foyer familial ou qu'elles travaillent dans des lieux moins ouverts que la rue en tant que domestiques, ouvrières ou prostituées dans des établissements fermés. Les garçons arrivent à la rue majoritairement vers l'âge de 9 ans, mais plusieurs ont déjà fait l'expérience de la rue au cours de leur enfance. Les filles arriveront plus tardivement que les garçons dans la rue, c'est-à-dire vers l'âge de 14-15 ans. Ces jeunes doivent lutter dans un environnement où règne la violence et la loi du plus fort et où l'appropriation de la nourriture comme de l'espace sont des enjeux pour leur survie et leur liberté.

Le Pérou est le deuxième pays d'Amérique latine le plus touché par le travail des enfants, avec près de 1,7 millions de mineurs qui ne vont pas à l'école et qui travaillent dans des conditions d'exploitation. Il s'agit d'un phénomène qui touche davantage les communautés autochtones, ce qui implique pour le gouvernement de mettre en place des programmes applicables pour toute la population péruvienne. D'après le Ministère de la femme et des populations vulnérables, la pauvreté touchait en 2009 environ 35% des enfants et des adolescents, et ce taux est d'autant plus élevé parmi les enfants et jeunes qui se disent avoir pour langue maternelle le quechua, l'aymara ou une langue d'Amazonie (80% contre un taux de 40% pour ceux qui disent avoir l'espagnol comme langue maternelle).

D'après un article du journal indépendant Actu Latino, les disparités sociales parmi les enfants au Pérou sont en effet très marquées selon leur appartenance ethnique : près de 80% des enfants indigènes ne bénéficient pas des droits les plus fondamentaux comme l'accès à l'éducation et à la santé. La plupart des enfants indigènes se trouvent dans des régions du Pérou où l'on note un fort taux de pauvreté comme Huancavelica, Apurimac, Ayacucho ou Puno.  

Dans les années 1990, l'histoire tragique de Petiso, un enfant de la rue qui s'est électrocuté en cherchant refuge dans une cabine électrique d'un quartier aisé de Lima, a fait prendre conscience aux habitants et aux autorités de la situation des enfants de la rue au Pérou. Depuis cette période, des ressources sont tranquillement mises en place afin de favoriser leur prise en charge, leur réinsertion sociale et permettre dans un même temps une meilleure compréhension de leurs conditions de vie. Il existe par exemple des foyers de jeunes gérés par des associations péruviennes et pris en charge par l'État qui permettent d'accueillir des jeunes âgés de moins de 18 ans. Néanmoins, la transition entre la rue et le foyer est souvent rendue difficile à cause des    nouvelles contraintes qu'imposent les foyers puisque ces jeunes se sont habitués à une certaine liberté et ont noué des amitiés dans la rue. On remarque aussi que ces ressources mises à disposition sont souvent plus adressées aux garçons qu'aux filles.

Au Pérou, l'un des problèmes qui rend difficile l'intégration des jeunes de la rue est le problème de recensement. Plusieurs milliers de personnes, en particulier des jeunes de la rue, ne sont pas enregistrées auprès du gouvernement. Ils n'ont donc pas d'actes de naissance ou de numéro d'assurance sociale. De ce fait, ces personnes n'ont pas d'accès à l'éducation publique, aux différents services de santé ou aux services publics. Ces jeunes n'existent donc pas pour l'État. Ils n'ont même aucun droit légal de vivre au Pérou. D'après un rapport de l'UNICEF sur le problème de recensement des naissances au Pérou, près de 170 millions d'enfants  n'étaient enregistrés dans aucun des registres civils du pays dans les années 1990. En 2002, il s'agirait d'environ 100 000 naissances qui n'auraient pas été enregistrées. Les droits humains sont souvent violés dans ces cas. Dans certains pays comme le Pérou, des policiers ou officiers de la police militaire sont financés par des hommes d'affaires locaux qui veulent se substituer aux lois jugées inefficaces afin de de « nettoyer » les quartiers où il existe une grande proportion de jeunes et d'enfants de la rue. Ces derniers sont donc des réelles victimes de violence politique et sociale.

Depuis les dernières années, le gouvernement du Pérou ainsi que les différentes associations de la société civile ont fait plusieurs efforts qui se sont traduits en des progrès significatifs pour le droit des enfants. Notons parmi ces améliorations une baisse du taux de mortalité infantile (de 79% en 1990 à 18% en 2012), un enregistrement plus efficace des nouveau-nés avec un certificat de naissance attribué automatiquement dans les hôpitaux, l'amélioration de la qualité d'enseignement primaire, le début d'initiatives pour intégrer les enfants en situation d'handicap dans la société péruvienne avec l'aménagement de la première école primaire pour enfants ayant une déficience auditive dans une région pauvre de Lima, la mise en place de campagnes de sensibilisation dans des écoles afin de lutter contre les abus et les violences envers les enfants, l'amélioration de services de santé à des coûts raisonnables, l'augmentation des inspections pour contrôler le travail des enfants dans des lieux de travail, etc. Toutefois, un rapport conjoint de plusieurs organismes comme Points-Cœur rapporte les améliorations qui restent à faire en ce qui concerne les conditions de vie des enfants et des jeunes au Pérou. Parmi ces lacunes, ces organismes notent entre autres un manque d'écoles dans les zones rurales, le coût élevé des uniformes scolaires et des cahiers d'exercices pour les familles, l'absence d'assistance spécifique des enseignants pour les élèves en difficulté, un taux important d'abandon scolaire, l'exploitation sexuelle qui touche encore un nombre important d'enfants du Pérou via des réseaux illégaux ou parfois avec le consentement de la famille afin d'obtenir une aide financière ou une protection, le manque d'accessibilité pour tous aux soins de santé dans les hôpitaux, etc. 

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Pour de plus amples informations sur la situation des jeunes de la rue au Pérou, nous vous suggérons les lectures suivantes à titre de références: