Mexique

Description du pays

Capitale : Ciudad de México (DF) / Agglomération : 25 millions d’habitants
Superficie : 1 972 550 km2
Population : 123,8 millions d’habitants (2014)
Peuples et ethnies : Le pays est composé d’une très grande majorité de «mestizos» (mélange de sang espagnol et autochtone) et d’une minorité «indígena» (Nahuas, Mayas, Zapotèques, Mixtèques, Totonaques, Purépechas, etc.)
Langues: espagnol, mais aussi 66 différentes langues autochtones
Religion : catholique à 90% (teinté d'animisme chez certains groupes autochtones)
Institution politique : état fédéral
Président : Enrique Peña Nieto (2012-2018)

 
Le Mexique est un pays d’Amérique du Nord situé au sud des États-Unis et au nord du Guatemala et du Belize, où la langue officielle est l’espagnol. Son passé témoigne d’une grande diversité de civilisations préhispaniques avancées telles que les Olmèques, les Toltèques, les Mayas et les Aztèques. Autrefois, le Mexique s’étendait sur une partie du territoire américain (Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Texas). La création du Mexique tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire comme nation latine, hispanique et métisse, coïncide avec les trois siècles de domination espagnole (1524-1821). C’est en 1824 que la République mexicaine est née, au moment où le pays s’est doté d’une constitution. Actuellement, le Mexique est une république fédérale composée de 31 États et d’un District Fédéral (DF). Avec plus de 120 millions d’habitants, il s’agit du pays hispanophone le plus peuplé. Plus de 25 millions de personnes résident à México, la capitale du pays, ce qui place cette aire urbaine deuxième au classement des capitales les plus peuplées après Tokyo. Une légende aztèque raconte que le nom de la capitale signifierait «lieu au milieu de la Lune» ou «lieu au centre du lac de la Lune», faisant allusion au lac de Texcoco au milieu duquel a été construit l’actuelle capitale. Le Mexique est traversé par deux principales chaînes de montagnes; la Sierra Madre Occidentale et la Sierra Madre Orientale. Entre les deux, on y retrouve le plateau mexicain. Le Mexique compte parmi les pays les plus variés aux plans géographique et biologique. Son relief tourmenté a d’ailleurs donné naissance à une grande variété de cultures régionales et d’écosystèmes.

Le pays possède sur son territoire plusieurs ressources naturelles dont l’argent, le cuivre, le gaz naturel, l’or, le zinc et le pétrole, dont il est d’ailleurs le 5e exportateur mondial. L’agriculture mexicaine a une faible productivité, mais on y retrouve néanmoins quelques filières agricoles, comme c’est le cas pour les avocats. Le Mexique produit cependant beaucoup de tequila et de bières. Le pays est aussi reconnu pour son exportation de minéraux, il est d’ailleurs le premier producteur mondial d’argent. L’industrie lourde, la production automobile, les nouvelles technologies et le tourisme sont aussi des secteurs secondaires de l’économie du pays. Le Mexique représente en fait 50% des importations et exportations d’Amérique Latine et est devenu, par le fait même, la 8e puissance commerciale du monde. Par ordre décroissant, les cinq principaux pays investisseurs sont les États-Unis, l’Espagne, le Canada, les Pays-Bas et la Suisse. Malgré tout, la répartition des richesses dans la population reste encore inégale aujourd’hui. Cette forte inégalité entre les riches et les pauvres a contribué à augmenter le taux de criminalité, et ce, particulièrement dans la ville de México où la vente de drogue et la corruption y sont particulièrement  présentes. 

Préoccupé par le risque de surpopulation, le gouvernement a un jour mis sur pied un contrôle des naissances. Les résultats sont concluants: la croissance de la population est passée de 3,4% en 1970 à 1,7% en 2000, soit 2,28 enfants par femme au lieu de 7 précédemment. De plus, l’espérance de vie des Mexicains est passée de 36 ans en 1895 à 75 ans en 2005. On constate que la majorité de la population actuelle du Mexique est jeune, étant donné que seulement 5,6% de gens sont âgés de plus de 65 ans. Au fil des années, il a été possible de constater un exode rural des Mexicains, qui se sont massivement concentrés dans les moyennes et grandes agglomérations du pays où il y a présence d’un développement industriel important. Environ les trois quarts des Mexicains vivent aujourd’hui en ville. Depuis les deux dernières décennies, on constate une nette amélioration sur le plan de l’éducation. En effet, en 2004, le taux d’alphabétisation global était de 92,2% et celui des jeunes âgés entre 15 et 24 ans était de 96%. L’enseignement primaire et secondaire est d’ailleurs gratuit et obligatoire. Comme le pays compte aussi une population indigène non négligeable, des manuels scolaires sont aussi écrits dans une douzaine de langues indigènes, ce qui fait que la grande majorité sont bilingues. Après l’espagnol, le nahuatl et le maya sont les deux langues indigènes les plus couramment parlées au Mexique.

Source: Lonely Planet

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L’état de la situation des jeunes en contexte de rue au Mexique

Selon le Recensement de Mineurs vivant dans la rue de la ville de Mexico réalisé en 1995, quelques statistiques permettent de porter un éclairage sur leur situation. En fait, on y mentionne que 13 373 garçons et filles de moins de 18 ans vivaient dans la rue et que la totalité de ces mineurs augmentait de 20%, ce qui représentait en fait une augmentation du taux annuel de 6%. Pour ce qui était des enfants de la rue, cette augmentation atteignait 81,3%. Il existait des jeunes qui s’adonnaient à la prostitution et on observait, avec le temps, une nouvelle génération d’enfants qui naissaient dans la rue comme leurs parents s’y retrouvaient déjà. C’était les garçons qui étaient en majorité des enfants de la rue (85,4%). Pour tous ces enfants, les principales activités qui leur permettaient de survivre étaient la mendicité et le nettoyage de pare-brises. Dans la rue, on retrouvait principalement des adolescents âgés entre 12 et 17 ans qui représentaient 85,4% des enfants de la rue. Plus des trois quarts provenaient du District Fédéral et de l’État de Mexico. Ce recensement met aussi en lumière que 40% des jeunes avaient commencé leur vie dans la rue entre l’âge de 5 et 9 ans et 60% entre 10 et 14 ans. Les deux principales raisons qui motivaient leur départ de la maison étaient la maltraitance subie dans leur famille dans 44,09% des cas et parce que le mode de vie de la rue leur plaisait pour 23,66% d’entre eux.  

Il est aussi intéressant d’observer les conditions de vie des jeunes, une fois qu’ils se retrouvent dans la rue. Au Mexique, ils se concentrent principalement dans la capitale, la grande ville de Mexico. En fait, selon le rapport de la ville de Mexico/Fideicomiso de 1991, il y aurait 11 172 enfants de la rue : 1020 vivant dans les rues et 10 152 y travaillant.

Les jeunes ont aussi une sexualité active, précoce et surtout non-protégée, ce qui augmente leur risque de contracter des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang). Selon le Recensement de Mineurs vivant dans la rue de la ville de Mexico (1995), près d’un jeune sur deux avait une sexualité active et 43,02% d’entre eux avaient initié cette sexualité entre 7 et 14 ans.

La majorité des jeunes qui se retrouvent dans la rue sont des toxicomanes et les principales drogues consommées sont des solvants, de la colle, de la marijuana ainsi que des stimulants. On estime que 90% d’entre eux sont dépendants d’inhalants comme de la colle à chaussures et de la peinture. La consommation de drogue favorise la recherche de plaisir et l’oubli de leurs conditions de vie difficiles. Elle est très importante chez la majorité des jeunes de la rue, et ce, particulièrement chez les travailleurs, ce qui les expose à la rupture de liens avec leur famille et ainsi, à se retrouver à vivre dans la rue et non pas seulement à la côtoyer. Pour ces jeunes travailleurs, il est parfois plus difficile de favoriser leur réinsertion étant donné que le fait qu’ils travaillent représente une raison pour les autorités et les professeurs de les stigmatiser comme étant des délinquants, recherchant seulement le plaisir et pouvant potentiellement représenter une source de danger, d’autant plus que certains sont parfois analphabètes. Lorsqu’ils se retrouvent à vivre dans la rue, les enfants doivent se défendre des agressions de la police et des autorités, qui exigent à ceux qui travaillent de payer une cotisation (un peu comme une sorte d’impôt déguisé pour œuvrer dans la rue) ou essaient de les inclure dans un groupe syndical afin que celui-ci leur offre protection. En travaillant, les jeunes s’exposent régulièrement à de nombreux risques comme des menaces et de l’exploitation. En effet, il n’est pas rare de côtoyer des jeunes qui travaillent entre 12 et 14 heures par jour pour gagner quelques pièces de monnaie. Il est aussi important de souligner qu’ils sont fréquemment victimes du tourisme sexuel, des trafiquants d’organe, des policiers et autres autorités qui ne se gênent pas pour tirer sur eux. 


Pour de plus amples informations sur la situation des jeunes de la rue au Mexique, nous vous suggérons les lectures suivantes à titre de références :

  • Ruth Pérez López, "Vivre et survivre à Mexico: enfants et jeunes de la rue", Paris, Karthala, 2009. Achat au Canada: SOMABEC"