Népal

Description du pays


Capitale : Katmandou  Carte Nepal
Superficie : 147 000 km²
Population : 30 millions d'habitants (2015)
Peuples et ethnies : Sherpa, Khas, Kirat, Magar, Gurung, Newar, Tharu, Rai, Tamang, Bahun, Chhreti, Tibétains
Langues : népali, plus d'une centaine de dialectes et anglais
Religions : hindouisme (90%), bouddhisme, bouddhisme tibétain, minorité musulmane
Institutions politiques : république démocratique (depuis avril 2008)
Président : Ram Baran Yadav (en fonction depuis 2008)

Le Népal est un pays situé dans l’Himalaya, enclavé et bordé par la Chine, la région autonome du Tibet et de l’Inde. Katmandou, la plus grande ville du pays, en est la capitale politique et religieuse. On retrouve dans le pays 9 des plus hauts sommets au monde, soit l’Everest avec 8 848 mètres et l’Annapurna avec 8 091 mètres. Ce pays peut être divisé en trois parties : la zone montagneuse, la zone des collines et la région du Teraï avec une diversité de climats présente dans chacune de ces zones (un climat froid et sec dans la zone montagneuse, un climat tempéré dans la zone des collines et un climat subtropical dans la région du Teraï où coulent trois rivières majeures). La langue officielle du pays est le népali, mais le newari, ancienne langue officielle, est toutefois encore parlé par les habitants de la vallée de Katmandou. Tout comme le newari, le tibétain possède une grande tradition littéraire et écrite. La très grande majorité de la population népalaise pratique la religion hindouiste. La scolarité dans les écoles publiques est gratuite, mais la famille doit quand même défrayer des coûts pour l’uniforme, les livres et les fournitures scolaires. Certains enfants des régions montagneuses n’ont parfois pas accès à l’école, puisqu’elle est parfois inexistante. L’enseignement qu’on y dispense est souvent de base.

Le Népal est une société multiethnique et multiculturelle: plus de 60 ethnies et castes y vivent ensemble. Le système de castes au Népal, officiel jusqu'à son abolition en 1990, s'apparente beaucoup à celui en Inde. La hiérarchie entre les castes est encore bien marquée: les Newar, par exemple, sont considérés comme une caste supérieure issue de la dynastie royale alors que d'autres individus continuent d'être discriminés en raison de leur statut d'«intouchables». En ce qui concerne la démographie, l'indice de fécondité est d'environ 2,2 enfants par femme et le taux d'alphabétisation pour la population est environ de 57% dont 89% sont des hommes et 77% sont des femmes. Les écoles primaires et secondaires tendent à se multiplier et depuis 1975, l'éducation primaire est obligatoire et gratuite jusqu'à l'âge de 11 ans. L'appartenance ethnique, la langue ou la localisation géographique peuvent toutefois être des facteurs expliquant un taux de scolarité plus bas.

Jusqu'à récemment, l'histoire du Népal a été marquée par une  continuité de régimes totalitaires sur la base d'une monarchie hindouiste. Le pays est devenu une monarchie constitutionnelle en 1990, mais le roi Birendra continuait à se réserver tous les pouvoirs. Toutefois, une situation d'instabilité au Parlement et dans les campagnes s'est progressivement installée depuis 1996 sous l'impulsion de plusieurs insurrections communistes et tentatives de négociations jusqu'au 28 décembre 2007, où fut approuvée une résolution prévoyant l'abolition de la monarchie. En avril 2008 eut lieu l'élection d'une nouvelle assemblée: le Népal devint alors une république démocratique pour la première fois de son histoire. Depuis cette date, la rédaction d'une nouvelle Constitution est toujours en cours et donne lieu à de nombreuses tensions en raison du projet pour un État fédéral népalais basé sur des critères ethniques, ce qui provoque des contestations au sein des minorités déjà marginalisées.

Le Népal est encore classé parmi les pays les «moins développés» (157e sur 187 en 2012 dans le classement des pays selon l'IDH) et les plus pauvres dans le monde, bien qu'il y ait eu de nettes améliorations depuis quelques années. On estime à 25,2% la population vivant en dessous du seuil de la pauvreté en 2008, contre un taux estimé à 40% dans les années 2000. Son taux de chômage se situait à 2,7% en 2012 contre un taux de 46% en 2008. L'espérance de vie  s'est également améliorée : elle était de 59 ans en 2004 tandis qu'en 2015, elle se situait autour de 70 ans. Ces progrès s'expliquent par l'ouverture du royaume au monde dans les années 1950 et donc au tourisme (de plus en plus de visiteurs veulent venir découvrir ce pays, fascinés par son mysticisme religieux, la beauté de ses paysages naturels et de son patrimoine culturel) ainsi que par l'aide internationale au développement qui contribue fortement à la croissance économique. Le pays dispose également d'un potentiel en énergie hydroélectrique.

En avril 2015, une série de tremblements de terre est survenue au Népal (le plus puissant séisme de l'histoire du pays depuis 80 ans) et a fait plus de 8000 morts et autant de blessés. Cette catastrophe naturelle a eu de nombreuses conséquences sanitaires et sociales, sans parler des dégâts matériels considérables (certains villages ont été complètent rayés de la carte). L'envoi d'aide humanitaire a été ralenti par de nombreux défis, autant logistiques (difficulté d'accès à des zones isolées) que politiques (absence d'autorité ou d'élus locaux pour répondre aux besoins des populations). Dans des contextes comme celui-ci, l'aide humanitaire de même que la coopération internationale s'avèrent des incontournables pour aider le pays à sortir de la crise.


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État de la situation des jeunes en contexte de rue au Népal

Les Népalais appellent les enfants de la rue des «kathey», ce qui peut signifier «vaurien», «vagabond», «enfant des rues», «sans famille», «ramasseur de plastiques». Il existe très peu de statistiques sur les enfants travailleurs ou vivant en contexte de rue dans ce pays. D'après une ONG népalaise (CWIN), près de 400 nouveaux enfants se mettent à vivre dans la rue chaque année et ils sont présentement 5000 à vivre dans cette situation. Autant de facteurs comme le manque d'éducation, la grande pauvreté, la discrimination ou le manque de protection des droits des enfants au Népal font en sorte qu'il existe plus de risques pour ces enfants de côtoyer la rue.   

Les parents décident parfois que leurs enfants n'iront pas à l'école parce qu'ils n'ont pas les moyens financiers ou ne veulent tout simplement pas qu'ils y aillent. D'après l'UNESCO, seulement 7 enfants sur 10 au Népal finissent l'école primaire et la moitié d'entre eux atteignent la première classe du secondaire. L'accès à l'éducation est rendue d'autant plus difficile dans les zones rurales où les écoles se font plus rares et où la population est généralement plus pauvre, ce qui rend difficile le paiement des frais annexes à la scolarisation des enfants (exemple : achat de l'uniforme ou du matériel scolaire). Étant donné que l'accès à l'éducation est limité pour ces enfants, ceux-ci sont plus à risque de côtoyer la rue. Ceux-ci peuvent aussi quitter le domicile familial pour d'autres raisons comme l'alcoolisme des parents, la maladie, l'extrême précarité, le nombre élevé d'enfants dans la famille, la mort de l'un des parents ou la reconfiguration familiale entraînée par les séparations, les divorces ou les parents qui se remarient. De plus, certains jeunes sont orphelins, portés disparus, peuvent être chassés du foyer ou encore maltraités par leurs beaux-parents.  

Il est aussi important de s’intéresser aux conditions de vie des jeunes une fois qu’ils se retrouvent dans la rue. Au Népal, les jeunes de la rue se concentrent principalement dans la capitale, Katmandou, et dans d’autres grandes villes du pays. La plupart des enfants de la rue vivent dans des lieux bien spécifiques comme dans des parcs, pour ceux vivant en groupe, et sous les temples, pour ceux n’appartenant pas à des groupes en particulier. Par exemple, dans Bhogal Park, situé au centre de Katmandou, les enfants construisent parfois des abris pour se protéger des intempéries et des regards. Malgré l’importance du groupe pour ces enfants, ils se bagarrent souvent.

Les enfants de Katmandou utilisent plusieurs moyens pour répondre à leurs besoins comme, par exemple, mendier, voler, vendre des objets, se prostituer ou collecter le plastique pour ensuite le revendre. Il n’est donc pas rare de voir les jeunes fouiller dans les ordures à la recherche d’objets en plastique à récupérer. Généralement, au bout de la journée, les jeunes mettront en commun leurs trouvailles afin de récolter un plus grand profit. Les jeunes qui travaillent se retrouvent donc dans une économie informelle et peu stable, ce qui les rend à risque d’exploitation. L’argent qu’ils récoltent pendant la journée n’est pas toujours suffisant pour combler leurs besoins de base.

Le tremblement de terre survenu en avril 2015, qui a eu des conséquences diverses pour environ 8 millions de personnes à travers le pays, a également touché les enfants népalais: d'après l'UNICEF, des milliers d'enfants se seraient retrouvés sans abri avec très peu d'accès à l'eau, à la nourriture et aux installations sanitaires. 10 000 enfants seraient touchés par une malnutrition sévère et des centaines auraient perdu un parent ou les deux, ce qui constitue autant de besoins primaires auxquels il faut répondre que d'atteintes psychologiques pour ces enfants.

À titre informatif, il existe également d'autres préoccupations qui touchent les enfants au Népal, qu'ils soient en contexte de rue ou non. La malnutrition est un problème chronique dans ce pays, qui touche principalement les régions rurales isolées en montagne. D'après un rapport de l'UNICEF, près de  la moitié des enfants du Népal seraient atteints d'un problème de croissance dû à la malnutrition. 

La situation de l'exploitation sexuelle au Népal est aussi extrêmement préoccupante malgré les  quelques initiatives du gouvernement: il existe un trafic humain important d'enfants (principalement de filles) partant du Népal jusqu'en Inde à des fins de commerce sexuel. Les garçons se retrouvent tout autant victimes d'abus et d'exploitation dans un cadre domestique ou à travers un commerce sexuel local (similaire aux réseaux existant en Thaïlande, aux Philippines ou au Bangladesh). D'après un rapport de l'organisme Terre des Hommes, sur les 30 000 travailleurs de l'industrie du sexe au Népal, entre 33% et 50% sont des enfants. D'ailleurs, près de la moitié des enfants sont mariés avant l'âge de 18 ans.

Le Népal est aussi largement sujet au travail des enfants, avec près de 3 millions d'enfants entre 5 et 16 ans qui pratiquent diverses activités, rémunérées ou non. Parmi ceux-ci, 150 000 effectuent des métiers évalués à risque et 40 000 se trouvent dans des situations proches de l'esclavage d'après l'association Pomme Cannelle.

  

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