Guatemala

Description du pays

Capitale : Guatemala Ciudad (2,1 millions d'habitants en 2012) Carte Guatemala
Superficie : 109 000 km²
Population : 15 millions d'habitants (2015)
Peuples et ethnies : 60% de Ladinos, 39% de Mayas, Xinka, Garifuna
Langues : espagnol, 55 langues autochtones dont 21 d'origine maya
Religions : catholique, mais aussi diverses sectes évangélistes et pentecôtistes.
Président : Alejandro Maldonado Aguirre (remplace Otto Pérez Molina depuis septembre 2015 jusqu'à la fin de son mandat en janvier 2016)

Le Guatemala est un pays d’Amérique centrale bordé par le Mexique, le Belize, le Honduras et le Salvador ainsi que par l’océan Pacifique et la Mer des Caraïbes. La langue officielle du pays est l'espagnol bien qu'il en existe beaucoup d'autres comme le quiché, le mam, le cackchiquel et le kekchi. Le nom du pays provient de deux mots en langue nahuatl signifiant «le pays de l’oiseau qui mange des serpents» et «le lieu rempli d’arbres». L’histoire du pays est fortement imprégnée par la culture maya, mais aussi de l’influence des colons espagnols. Le Guatemala a fait partie du Mexique pendant une période avant de s'en séparer par la suite en rejoignant la Fédération de l'Amérique centrale avec le Salvador, le Honduras, le Costa Rica et le Nicaragua, qui s'est fait renversée quelques années plus tard. Pendant près d'un siècle, plusieurs dictateurs se succédèrent au pouvoir et la mainmise des États-Unis s'est beaucoup fait sentir à travers l'économie du Guatemala, notamment par l'entremise de l'entreprise américaine United Fruit Company, qui a pris possession de terres cultivables de bananes ou de fruits tropicaux, une ressource majeure pour le pays. Cette influence s'est aussi fait sentir au niveau politique, comme pendant la Guerre froide où les États-Unis se sont impliqués afin de renverser Arbenz Guzman, qui était jugé trop proche de l'idéologie communiste, pour laisser ensuite une junte militaire s'emparer du pouvoir.

L’histoire du Guatemala est surtout marquée par une guerre civile dévastatrice qui dura 36 ans, pendant laquelle la guérilla s’opposa au gouvernement central jusqu’en 1996. Cette guerre se termina par la signature d’un accord de paix. La présidence de Rios Montt a d’ailleurs été la période la plus sanglante de cette guerre, qui a eu comme conséquence plus de 200 000 morts, dont la majorité était d’origine maya. Suite à cette guerre, la situation des droits humains s’est grandement améliorée et de nombreuses étapes ont été franchies afin de réduire l’influence de l’armée dans les affaires nationales. En 2001, le gouvernement a tenté une réconciliation nationale en essayant de trouver des solutions concrètes aux problèmes de criminalité et de corruption publique présents dans le pays. Le pays est d'ailleurs classé parmi la liste des paradis fiscaux dans le monde. L'année 2015 a d'ailleurs été marquée par l'affaire de corruption La Línea. impliquant des hauts responsables du gouvernement dans un dossier de pots-de-vin en échange d'une exonération de droits d'importation, ce qui a provoqué un mouvement massif de contestation citoyenne dont la large diffusion a été rendue possible grâce aux réseaux sociaux. Ce dossier a d'ailleurs entraîné la démission et l'arrestation du président Molina.

Le Guatemala est une république présidentielle qui est divisée en 22 départements. Son climat est majoritairement tropical, bien que plus tempéré en altitude. La capitale porte le même nom que le pays et c’est la troisième capitale de son histoire, après Santiago de Los Caballeros et Antigua. Guatemala Ciudad est la capitale économique, gouvernementale et culturelle de la République, mais elle est aussi la plus grande métropole d’Amérique centrale. En 1981, elle devenait d’ailleurs la capitale des Provinces unies d’Amérique centrale. Plus de la moitié des Guatémaltèques sont de descendance maya. Même si l’urbanisation s’intensifie dans les grandes villes du pays, la majorité des habitants vit encore dans les zones rurales. Dans le pays, on pratique majoritairement le catholicisme, mais on y ajoute de nombreux éléments issus des traditions locales pour former ce que l’on appelle maintenant le syncrétisme maya. Le taux de fécondité en 2015 était de 2,9 enfants par femme et en 2013, l'espérance de vie pour les hommes et les femmes était d'environ 72 ans. Le Guatemala est un pays très jeune, car les 0-14 ans représentaient près de 37% de la population totale en 2014. En 2013, le taux d'alphabétisation pour les adultes était de 77% et de 92% pour les jeunes. Pour la même année, le taux d'accès à l'eau potable pour la population guatémaltèque est de 93% et le taux de chômage était de 2,8%. En 2012, le Guatemala était classé comme 133ème pays sur 141 dans le classement de l'IDH. Le pays a d'ailleurs enregistré un ralentissement de la croissance et du développement lors de ces dernières années. Au détriment du bien-être de la population guatémaltèque, le gouvernement a cherché à revenir à de meilleurs indicateurs macroéconomiques en coupant dans les budgets alloués à l’éducation, à la santé et au logement, augmentant ainsi la sous-scolarisation, la malnutrition et la multiplication des bidonvilles. La proportion d’habitants vivant sous le seuil de pauvreté s’élève maintenant à 54% de la population totale du pays. On constate aussi que les femmes et les enfants sont les personnes les plus à risque de vivre dans des conditions de pauvreté, d’exclusion et de discrimination étant donné qu'ils ne disposent pas toujours de ressoources ou de services suffisants pour se sortir de ce type de situation.

La présence de nombreux volcans au Guatemala fait en sorte que la terre est très fertile; conséquemment, la ressource principale du pays est l’agriculture. Elle représente en fait le quart du produit intérieur brut (PIB) du pays et le deux tiers des exportations. Le café, le sucre et les bananes sont les principaux produits exportés par le Guatemala. De nombreuses ressources naturelles sont aussi présentes dans le pays telles que le nickel, le cuivre, le zinc, l’antimoine, le plomb et le tungstène. Il existe aussi quelques gisements de pétrole et le bois de la forêt est souvent utilisé sur place ou exporté. Le tourisme est également un secteur d'industrie important pour le pays. Malheureusement, le pays est souvent dévasté par des catastrophes naturelles comme des ouragans, des séismes ou des éruptions volcaniques qui ont des conséquences humaines, matérielles et économiques. Le Guatemala est par ailleurs l'un des pays les plus vulnérables au changement climatique, notamment dû à la sécheresse ayant déjà entraîné de nombreuses pertes agricoles au détriment de la population pauvre qui dépend de l'agriculture pour survivre. Des méthodes empruntées aux traditions ancestrales autochtones qui permettent d'adapter les cultures à des climats changeants sont notamment mis en place afin de répondre à ce problème.

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L’état de la situation des jeunes en contexte de rue au Guatemala

Selon l'OIT, le Guatemala possède la proportion la plus élevée d'enfants travailleurs en Amérique centrale, avec des chiffres estimés allant de 1 à 2 millions de travailleurs infantiles rien que dans ce pays. 55% d'entre eux seraient de descendance autochtone, 40% seraient analphabètes et 80% vivraient dans une grande situation de pauvreté. Près de 12 000 de ces travailleurs auraient seulement entre 5 et 7 ans. Les enfants travailleurs se retrouvent dans plusieurs types d'activités :

- dans des maisons en tant que domestiques (avec ou sans rémunération)

- dans des emplois liés à la construction ou à l'industrie (qui peuvent être plus ou moins dangereux)

- dans des exploitations agricoles, les « fincas » (il y aurait 11% de moins de 18 ans parmi les travailleurs agricoles) souvent dans le but d'aider la famille qui survit grâce à ces cultures

Ils seraient environ 6000 enfants à vivre dans la rue au Guatemala et ceux-ci ont souvent des parents qui ont été victimes de la guerre civile.   

Les pressions économiques et le chômage, très présents dans le pays, ont des conséquences sur les familles qui se traduisent par davantage de violence et d’exploitation des enfants. Ces derniers risquent de se retrouver dans la rue pour ramener un peu d’argent, soulageant ainsi le poids de la charge économique de la famille. Cette pression se fait aussi sentir dans la rue, où la compétition est présente parmi les enfants et les adultes, qui cherchent tous à vendre quelque chose pour subvenir à leurs besoins. Si ces enfants ne participent pas au revenu familial, ils s’exposent à de plus grands risques de violence de la part des parents. Lorsqu’ils se retrouvent dans la rue, leurs besoins sont donc économiques et éducatifs.

Il est possible de tirer de nombreuses conclusions à partir de l'état de la situation des jeunes de la rue au Guatemala. De nombreux jeunes qui se retrouvent dans la rue sont orphelins de la guerre civile alors que d'autres ont été abusés ou rejetés par leurs familles se trouvant dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins au vu de leur situation de pauvreté. Ils se retrouvent donc fréquemment traumatisés par la société dans laquelle ils vivent à cause de leur passé. Plusieurs de leurs droits ont déjà été violés ou risquent de l'être en contexte de rue. Il existe d'autre part un grand nombre d'assassinats des jeunes de moins de 21 ans à travers des « campagnes de nettoyage » par les forces de l'ordre, car ces jeunes sont souvent accusés de l'état d'insécurité dans le pays. Les enfants de la rue étant habituellement anonymes, leurs morts ou disparitions ne sont généralement pas rapportées aux autorités : elles sont d'ailleurs étouffées afin de ne pas nuire à l'image du pays. Les enfants qui se retrouvent dans la rue sont en fait considérés comme un fardeau pour la société. C'est pour cela qu'ils se retrouvent souvent marginalisés ou rejetés. Ce sont majoritairement les garçons qui se retrouvent dans la rue, mais il est aussi possible de constater une présence importante de filles. Certains jeunes basculent dans la prostitution ou se mettent à mendier ou à vendre des objets afin de se loger, se nourrir et consommer de la drogue. D'ailleurs, à la frontière entre le Guatemala et le Mexique, le marché transfrontalier d'exploitation sexuelle des mineurs touche environ 15 000 enfants et jeunes.

Il est aussi intéressant d'observer les conditions de vie des jeunes, une fois qu'ils se retrouvent dans la rue. Ils se concentrent principalement dans la capitale, à Guatemala Ciudad, afin d'y trouver quelconque rémunération. Ils se retrouvent habituellement dans des espaces où il leur est possible de gagner un peu d'argent pour survivre, mais aussi de trouver un lieu où dormir. Ils vivent fréquemment dans des lieux abandonnés ou dans des lieux publics où les risques de violence sont assez élevés. Les jeunes se retrouvent souvent en groupe dans la rue afin d'avoir un soutien mutuel et de « conquérir » cet espace. Cette occupation entraîne parfois des relations tendues avec les forces de l'ordre. Les jeunes dans la rue s'exposent donc à de nombreux risques tels que se faire maltraiter par les passants ou par les autorités, ou bien se faire extorquer par la police. Ils sont souvent détenus par celle-ci pour un motif de vagabondage ou pour possession de drogue. En groupe, les jeunes se protègent principalement des adultes et des policiers. Le vol, la drogue et la délinquance sont des moyens de survivre. Il arrive que ces jeunes rejoignent les « Maras », des bandes de jeunes armés qui trouvent refuge dans la délinquance et l'effet de groupe pour continuer à survivre.

Le problème de l'adoption internationale est devenu assez préoccupant dans le cas du Guatemala, car nous avons affaire depuis 2008 à un véritable marché très lucratif qui a contribué à financer des réseaux mafieux dans le pays notamment parmi les institutions de l'État, les avocats, les médecins ou les travailleurs sociaux. Entre 2000 et 2007, il s'agit de plus de 20 000 enfants guatémaltèques qui ont été adoptés par des parents depuis l'étranger, souvent après des procédures très peu contrôlées. Ce phénomène a commencé à s'opérer depuis la guerre civile pendant laquelle des milliers d'enfants ont été portés disparus, victimes de massacres ou de séparation avec leurs familles. Les orphelinats, qui étaient souvent liés aux militaires du régime, offraient la possibilité aux pays étrangers d'adopter des enfants retrouvés dans la rue qui étaient présentés comme n'ayant plus aucune famille. Les personnes qui souhaitaient adopter avaient alors la possibilité de choisir leur enfant selon des critères physiques comme la couleur de peau. Il s'agit d'une pratique dégradante à l'égard des enfants qui ne sont plus du tout considérés comme des humains, mais plutôt comme des objets d'échange et de revenus. Cette pratique est également malhonnête pour les parents adoptifs qui sont parfois passé par des procédures éprouvantes dans l'espoir d'avoir un jour un enfant et qui pensent faire une bonne action en accueillant un enfant qui aurait souffert de la guerre. Pourtant, pour beaucoup de cas, les enfants adoptés ont été enlevés dans les villages avec l'accord des parents qui acceptent en contrepartie une rémunération afin de survivre. Il est très difficile de remonter aux origines des enfants qui ne possèdent souvent pas de certificat de naissance, d'autant plus que les orphelinats ou les centres très peu contrôlés d'où proviennent ces enfants adoptés cultivent la loi du silence sur cette pratique.


Pour de plus amples informations sur la situation des jeunes de la rue au Guatemala, nous vous suggérons les lectures suivantes à titre de références :

  • « Situation des enfants travailleurs (hommes, femmes et enfants) dans l'agriculture au Guatemala » Résumé de l'enquête du Comité de Desarrollo Campesino (CODECA) basé au Guatemala. [En ligne] http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article2487 (page consultée le 1er octobre 2015)