Équateur

Description du pays 

Capitale : Quito (2,4 millions d'habitants en 2013) Carte Equateur
Superficie : 283 560 km²
Population : 15,9 millions d'habitants (2015)
Peuples et ethnies : 55% de Métis, 25% d'Autochtones, 16% d'ascendance espagnole ou européenne, 5% d'Afro-Équatoriens 
Langues : espagnol, quechua, shuar et autres langues autochtones
Religions : 95% de catholiques, 5% protestants ou minorités chrétiennes
Institution politique : démocratie présidentielle
Président : Rafael Correa (président depuis 2007 et mandat jusqu'en 2017)


L'Équateur, en espagnol Ecuador ou República del Ecuador, est un petit pays situé en Amérique du Sud qui est traversé par la cordillère des Andes. L'Équateur est limité par le Pérou au Sud et à l'Est, la Colombie au Nord et l'océan Pacifique à l'Ouest. Le territoire équatorien inclut également les îles Galápagos et se positionne sur l'équateur, comme le nom du pays l'indique. Sa capitale est Quito, mais la ville la plus peuplée est Guayaquil, qui est un important port sur le Pacifique. L'Équateur se divise en 24 provinces. D'un point de vue géographique, climatique et humain, l'Équateur peut se diviser en quatre régions naturelles. La « Costa » (côte) est une région côtière au climat tropical à la fois humide et semi-aride, selon si l'on se trouve au Nord ou au Sud. Elle forme une plaine longue de 800 km s'étalant des versants de la cordillère des Andes jusqu'à l'océan Pacifique. La « Sierra » est une partie du pays située en altitude dans la cordillère des Andes. Le point culminant du pays est le Chimborazo (6 310 m), situé dans la Cordillère Occidentale, mais le Cotopaxi (5 897 m), le plus haut volcan actif au monde, est également très emblématique et se situe dans la Cordillère Orientale. Cette région bénéficie d'un climat tempéré. L'« Oriente »  (Amazonie) est une région peu accessible, peu peuplée, sillonnée par différents affluents du fleuve Amazone, dont le Napo. Cette région au climat tropical humide, qui fait partie de la forêt amazonienne, concentre la quasi-totalité des ressources pétrolières de l'Équateur. Les Îles Galápagos, d'origine volcanique, sont un archipel classé au Patrimoine mondial de l'humanité, notamment grâce à la diversité de ses espèces.

Au 15e siècle, l'Équateur était peuplé par différentes ethnies qui parlaient plusieurs langues et qui avaient des pratiques culturelles distinctes. Les groupes situés sur la côte par exemple pratiquaient la pêche, la chasse, l'agriculture et le commerce. Dans la « Sierra », les groupes avaient plutôt une économie basée sur l'agriculture, avaient un mode de vie sédentaire et utilisaient la méthode de l'irrigation pour leurs cultures. Les Andes équatoriales furent conquises par les Incas sous le règne de Tupac Yupanqui. À l'arrivée des conquistadors espagnols, l'Équateur est envahi entre 1532 et 1534. Sebastián de Belalcázar fonde Quito le 6 décembre 1534 sur les ruines du Quito inca qui fut brûlé par Rumiñahui, un général inca ayant longtemps lutté contre la conquête, avant de l'abandonner aux Espagnols afin que ces derniers ne puissent pas s'approprier les richesses de l'ancienne ville inca.

L'Équateur connait son indépendance en 1822. Plusieurs conflits eurent lieu avec le Pérou et la Colombie, principalement pour des questions de conquête territoriale et de traçage de frontières. Bien que le pays ait connu une grande instabilité politique depuis le XIXème siècle jusqu'au début du XXIème siècle avec une succession de gouvernements plus ou moins autoritaires et un bon nombre de présidents renversés par des contestations populaires (comme en 2000 ou en 2005), l'Équateur fait partie des pays ayant connu le moins de violences politiques en comparaison à d'autres pays sur le continent latino-américain.

Les élections générales de 2006 ont amené au pouvoir Rafael Correa, qui est un économiste de gauche. Ce dernier a été réélu en 2013 pour son dernier mandat censé prendre fin en 2017, mais une décision de la Cour constitutionnelle en 2014 lui a donné le pouvoir de faire une révision de la Constitution afin de prolonger indéfiniment son mandat. Cette décision a donné lieu à d'importantes manifestations d'opposition en 2015, ce qui a entraîné des réactions violentes de la part des forces de l'ordre. Bien que sa politique se voit contestée pour sa tendance autoritaire, les mandats de Correa ont permis quelques avancées sociales à travers des programmes en faveur des populations défavorisées. Au niveau international, Correa négocie et impose des contraintes aux compagnies pétrolières étrangères afin d'équilibrer les bénéfices entre ces compagnies, l'État et la société équatorienne. L'économie exportatrice de l'Équateur repose principalement sur la culture de la banane, le pétrole et le tourisme. On peut noter aussi l'essor de l'exportation des fleurs coupées, de l'huile de palme et du célèbre chapeau Panama. L'autosuffisance alimentaire est atteinte sur de nombreux produits de base (en particulier les huiles et graisses alimentaires), ce qui n'a pourtant pas empêché le pays de tomber dans une grave crise économique due à sa dette extérieure.

La population équatorienne est très jeune puisque l'âge moyen était de 27 ans en 2015. Pour la même année, l'espérance de vie était de 82 ans. Un tiers de la population n'a pas accès à l'eau potable, ce qui a donné lieu à la propagation de plusieurs maladies. D'importantes améliorations économiques et sociales ont néanmoins été réalisées avec une réduction de l'indice de pauvreté (le taux de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté nationale est passé de 36% en 2009 à 22,5% en 2014), une baisse du taux de chômage, une augmentation des salaires et une augmentation des allocations attribuées aux familles en difficulté. Pour la question des peuples autochtones, l'Équateur est un pays assez progressiste avec une politique fortement influencée par le mouvement indigéniste. Il existe des regroupements indigènes très bien organisés qui veillent au respect de leurs droits et intérêts dans ce pays. Des efforts sont ainsi mis en route afin d'inclure la population autochtone dans le but de créer un État « unifié et interculturel ». Ces associations ont par exemple réussi à faire reconnaître officiellement les langues quechua et shuar dans la Constitution équatorienne.

 

-

L'état de la situation des jeunes en contexte de rue en Équateur

Près d'un million de mineurs travaillent en Équateur : dans les campagnes, ils seraient près de 670 000 et dans les villes, leur nombre s'élèverait à 380 000 d'après l'Institut national de statistiques de l'Équateur. En milieu rural, les jeunes et les enfants participent souvent de façon quotidienne aux travaux domestiques ou dans les cultures afin d'aider leurs familles qui vivent dans une grande précarité. Dans les villes, les enfants travaillent en tant que vendeurs ou font des spectacles dans la rue afin de récolter un peu de monnaie de la part des passants. Dans la plupart des cas, l'argent gagné ne reviendra pas aux enfants-mêmes, mais aux parents ou aux personnes qui veillent sur eux et qui les pousse à travailler afin d'amasser des revenus à leur propre compte. Le temps de travail par jour pour ces enfants peut s'élever jusqu'à 15 heures. Une grande partie de ces enfants s'exposent à d'importants risques de santé en étant exploités sans aucune reconnaissance de leurs droits, notamment dans les mines ou les bananeraies. L'Équateur étant le premier exportateur mondial de bananes, les agriculteurs ont recours au travail des enfants afin de maintenir des coûts de production assez bas. Les conditions de travail dans ces champs de culture sont particulièrement rudes, car les enfants s'exposent en permanence à des pesticides nocifs et ces derniers n'osent souvent pas se révolter par peur de perdre leur salaire. Ces enfants n'ont parfois que huit ans lorsqu'ils se mettent à travailler dans les bananeraies. Suite à un rapport de Human Rights Watch concernant les conditions de travail des enfants dans ces champs de culture de banane très répandus dans le pays, le gouvernement a pris des mesures afin de faire des inspections et sortir les enfants travailleurs de ces situations. Bien que des progrès aient été mis en route, les mesures en réponse à cette situation sont encore bien trop lentes d'après l'UNICEF.

La pauvreté est un fléau qui touche particulièrement les enfants en Équateur et les chiffres reflètent aussi les inégalités existantes. Sur 70% des 5 millions d'enfants vivant dans la pauvreté en Équateur, une grande majorité serait des enfants d'origine autochtone ou afro-équatorienne. D'autre part, seulement 40% des enfants issus de ces groupes ethniques terminent l'école primaire. Cette situation de précarité se décline en plusieurs problèmes qui frappent de plein fouet les enfants et les jeunes de l'Équateur. Parmi ces problèmes, notons la malnutrition, la sous-scolarisation, le recours au travail afin de subvenir à ses besoins et, dans certains cas, l'arrivée dans la rue. D'après le SIISE (« Sistema de Indicadores Sociales del Ecuador »), les enfants seraient en effet la partie de la population la plus affectée par la pauvreté, ce qui les amèneraient souvent à se convertir en des enfants de la rue. La majorité des enfants travailleurs (près de 45%) s'adonnent à des activités dans la rue en tant que vendeurs ambulants. À Quito, ils seraient près de 2 000 enfants à vivre dans la rue et à vivre quotidiennement des réalités très dures comme l'exclusion sociale, la maltraitance, l'addiction aux drogues, la perte d'estime de soi, la prostitution etc.

Il est aussi intéressant d'observer les conditions de vie des jeunes, une fois qu'ils se retrouvent dans la rue. Ils se concentrent principalement dans la capitale, à Quito. Ils se retrouvent habituellement dans des espaces où il leur est possible de gagner un peu d'argent pour survivre, mais aussi un lieu où dormir. Ils vivent fréquemment dans des lieux abandonnés ou dans des lieux publics, où ils courent le risque de se faire battre ou se faire voler. Les jeunes se retrouvent dans la rue pour l'exploiter en groupe, selon leurs intérêts et leur âge. Cette occupation entraîne parfois des relations tendues avec les forces de l'ordre. Les jeunes dans la rue s'exposent donc à de nombreux risques tels que se faire maltraiter par les passants ou par les autorités, ou bien se faire extorquer par la police. Ils sont souvent détenus par celle-ci pour un motif de vagabondage ou pour possession de drogue. En groupe, les jeunes se protègent principalement des adultes et plus spécifiquement, des policiers. Le vol, la drogue et la délinquance sont pour eux des moyens de survivre.

Plusieurs des jeunes consomment des drogues pour apaiser la soif, la faim ou pour faire face à la violence qu'ils rencontrent de façon quotidienne. À Quito comme ailleurs en Équateur, ces enfants et jeunes consommateurs de produits à inhaler se font appelé les « gomeros », ce qui se réfère dans l'argot de la rue à une substance qui provoque une modification de la conscience. En Équateur, la « goma » va être la drogue la plus consommée par les jeunes de la rue puisqu'il s'agit d'un produit facilement trouvable (il s'agira de sacs en plastique par exemple) et peu cher. Cette utilisation de drogues, bien qu'elle soulage sur le moment, affecte gravement le système nerveux de ces jeunes : elle provoque notamment des troubles de la perception, des pertes de mémoire à court terme, des maux de tête, des spasmes... 

 

Pour de plus amples informations sur la situation des jeunes de la rue en Equateur, nous vous suggérons les lectures suivantes :