Bénin

Description du pays

Capitale : Porto-Novo (234 000 habitants en 2015)
Carte BeninSuperficie : 114 763 km²
Population : 10 millions d'habitants (2015)
Peuples et ethnies : une quarantaine d'ethnies parmi lesquelles on retrouve les Fons, les Adjas, les Yorubas, les Sombas et les Baribas 
Langues : français (officielle) et plusieurs autres langues locales telles que le fon, le yorouba et le bariba 
Religion: christianisme (42,8%), islam (24,4%), animisme et vaudou (17,3%), autres (6%) 
Institution politique: république 
Président : Thomas Boni Yayi (élu président en 2006, en mandat jusqu'en 2016)

Le Bénin se situe en Afrique de l'Ouest et est entouré par le Togo à l'ouest, le Burkina Faso et le Niger au nord et par le Nigéria à l'est. Au sud du Bénin, se trouve le Golfe du Bénin. La capitale officielle du Bénin est Porto-Novo, Cotonou étant la capitale économique. De forme étirée entre le fleuve Niger au nord et la plaine côtière dans le sud, le relief de l'ensemble du pays est peu accidenté. Le nord du pays est principalement constitué de savanes et de montagnes semi-arides. Le point culminant est le mont Sagboroa à 658 mètres. Le sud du pays est constitué d'une plaine côtière basse parsemée de marécages, lacs et lagunes comme le lac Nokoué ou la lagune de Porto-Novo. La majeure partie de la population vit dans les plaines côtières méridionales, où les plus grandes villes du Bénin sont concentrées, notamment Porto-Novo et Cotonou. Le pays étant situé dans une zone intertropicale, son climat est chaud et humide, avec relativement peu de pluie, bien qu'il y ait deux saisons des pluies (d'avril à juillet et de septembre à novembre) avec les nuances saisonnières et géographiques liées à la latitude, le relief et l'alternance des saisons.

Le Bénin fait face à des défis environnementaux. Le nord du pays, avec ses paysages de savane, est touché par la désertification et le sud, par la déforestation. En 2014, 44 % de la population vivait dans les villes, alors que l'environnement urbain est vulnérable, pollué et dégradé.

Le 1er aout 1960, le Bénin acquière son indépendance. À ce moment-là, on ne parlait pas encore du Bénin, mais de la République de Dahomey. Étant une colonie française juste avant son indépendance, c'est le ministre français, Louis Jacquinot, qui transmit les pouvoirs étatiques au Président béninois Hubert Maga. De 1972 à la fin des années 1980, le Bénin vécut des moments difficiles. En effet, le président Mathieu Kérékou imposa une idéologie marxiste et léniniste qui engendra des graves difficultés économiques pour tout le pays. À la fin des années 1980, de graves difficultés économiques conduisent à la fin du régime : le Bénin entame un processus de transition démocratique et, en 1990, adopte une nouvelle constitution. Le nom de Bénin est conservé, le pays devenant simplement la République du Bénin. Mathieu Kérékou fut président de 1972 à 2006, avant de laisser le pays aux mains de l'actuel président, Thomas Boni Yayi. Cependant, ce dernier ayant déjà été réélu en 2011, devra laisser sa place à un nouveau Président en 2016, dans le respect de la constitution qui limite le cumul à deux mandats consécutifs pour la fonction présidentielle. Depuis la fin de la République populaire du Bénin, le Bénin possède une image très forte de pays démocratique dans toute l'Afrique subsaharienne.

Le sol béninois étant assez pauvre, le peuple vit principalement grâce à son port et à son agriculture. En effet, le Port Autonome de Cotonou (PAC) permet au Bénin d'être le cœur maritime de trois pays enclavés (Burkina Faso, Mali et Niger), ce qui lui confère un bon atout. Ces trois pays représentent l'équivalent d'un tiers du marché des exportations du Bénin. D'autre part, les Béninois produisent du coton, de l'huile de palme, du maïs, de l'igname, du manioc, du millet et du sorgho. Le Bénin dispose également de plusieurs attraits touristiques, géographiques et culturels non-négligeables quoiqu'encore peu développés : plages et villages au sud, parcs animaliers au nord, haut lieu de l'esclavage et berceau du vaudou. 95 % de l'économie béninoise est informelle et les recettes fiscales de l'État sont donc maigres malgré une fiscalité très lourde pour les entreprises formelles de la place.

Toutefois, le positionnement géographique du Bénin et ses dynamiques territoriales actuelles (économiques, politiques, culturelles, démographiques) en font le pays en Afrique de l'ouest qui dispose du plus grand potentiel économique et politique pour les 50 ans à venir (sous réserve de sécurisation du foncier, du développement d'infrastructures de transports routiers, ferroviaires et maritimes et de consolidation de la démocratie).

Selon le Dr Anne Vincent, représentante de l'UNICEF au Bénin, le Bénin fait partie des pays les moins avancés dans la réalisation de progrès en matière de nutrition. La malnutrition, encore présente notamment dans le nord du pays, entretient le cycle de la pauvreté, maintient des pans entiers de la population dans une situation de vulnérabilité et menace la prospérité. Elle prive le Bénin de ses forces vives et hypothèque le développement du pays. Au niveau national, c'est 1 enfant béninois sur 3 qui souffre encore de malnutrition. En 2015, quatre agences du système des Nations Unies, à savoir l'Organisation mondiale de la santé, le programme alimentaire mondial, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et la FAO, ont accordé au Bénin un appui financier de plus de 2,5 millions de dollars US, sur une période de trois ans, en vue de lutter contre la malnutrition chronique dans les communes rurales de Malanville et Karimama, au Nord du pays.

Les jeunes forment près de la moitié de la population, la tranche d'âge de 0 à 14 ans correspondant à 43,4% de la population totale.

Au Bénin, l'éducation est considérée comme une priorité nationale pour le développement économique et la réduction de la pauvreté. En octobre 2006, le gouvernement a proclamé la gratuité de l'accès à l'enseignement maternel et primaire. Le Bénin alloue environ 19 % de son budget global au secteur de l'éducation. L'effort porté sur la scolarisation et les formations techniques et professionnelles permet au Bénin de disposer d'une main-d'œuvre qualifiée avec un coût de travail compétitif. Par ailleurs, le travail des enfants reste un problème au Bénin, car le pays se trouve être celui ayant le plus d'enfants de 7 à 14 ans qui travaillent, parmi les pays pour lesquels les données sont disponibles. Le pourcentage est de 76 % pour les filles et de 72,8 % pour les garçons.

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État de la situation des jeunes en contexte de rue au Bénin

Comme bien d'autres pays africains et du reste du monde, le Bénin connait des difficultés économiques qui se répercutent sur la qualité de vie de ses citoyens. Sur les 10,4 millions d'habitants du Bénin, environ 9 millions sont considérés en situation de pauvreté, avec un revenu national brut par an et par habitant de 570$. Parmi eux, plus de 30% vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins d'1$ pour vivre par jour. De plus, 20% des enfants de moins de cinq ans sont victimes de malnutrition. C'est dans ce contexte d'extrême pauvreté que l'on voit apparaitre des violations des droits humains et des violences.

C'est dans le 7e arrondissement de la ville portuaire de Cotonou que l'on retrouve le plus d'enfants dans les rues. La plupart de ces enfants sont exploités à des fins sexuelles ou encore économiques. La majorité de ces enfants sont Béninois, mais un nombre important d'entre eux sont issus des pays voisins : Burkina Faso, Togo, Ghana, Niger, etc.

La plupart de ces enfants n'ont plus de contacts avec leur famille et se retrouvent donc seuls. Ce sont des enfants qui ne possèdent rien, qui dorment dans la rue devant des bars, des édifices religieux, dans des vieilles voitures, qui ne mangent pas à leur faim, se nourrissant la plupart du temps de fruits et de ce qu'ils peuvent trouver dans les poubelles. Certains effectuent des petits travaux tels que balayer la rue, vendre des produits ou encore récupérer des matériaux dans la rue et les revendre, mais l'occupation première de ces enfants est de mendier pour survivre. La plupart des enfants travaillent dans les marchés de Cotonou et de Porto-Novo. Le marché de Dantokpa à Cotonou est le plus grand de l'Afrique de l'Ouest. Environ 5000 enfants y travaillent chaque jour pour essayer de survivre. Le problème réside dans le fait que ce marché est insalubre (monticules de déchets, manque de latrines) et qu'il est insécurisé.

Un rapport de l'UNICEF rapporte que la plupart des enfants vivant et travaillant dans les rues de Cotonou sont en réalité très proches des systèmes de soins et d'éducation sans pour autant en bénéficier. Une explication à cela est que la majorité des enfants ne connaisse pas leurs droits. Ils ne savent pas qu'ils ont le droit de manger, d'aller à l'école, d'avoir accès à des soins. Il est donc primordial de les sensibiliser à leurs droits. Mais, pour ce faire, il est aussi important de sensibiliser leurs parents qui n'ont pas toujours conscience que leurs enfants ont besoin d'apprendre et de s'épanouir. La sensibilisation des enfants passe donc d'abord par celle de leurs parents. La famille joue un rôle important dans cette problématique. En effet, la vulnérabilité des enfants est en fonction de leur situation familiale et des critères socioculturels et socioéconomiques qui la sous-tendent. La plupart du temps, si les enfants se retrouvent dans la rue, c'est parce que leur famille ne peut pas subvenir à leurs besoins ou qu'ils sont victimes de maltraitance chez eux. Les enfants et les jeunes qui évoluent dans un contexte de rue sont vulnérables et sont victimes de maltraitance, de discrimination, mais également de privations (de soins, d'éducation, d'une bonne alimentation, etc.) à bien des égards.

Au Bénin, un enfant sur trois travaillerait dans des conditions déplorables tandis que 800 000 d'entre eux vivraient dans la rue, après avoir quitté leurs familles. À Cotonou et à Porto-Novo, mais également dans d'autres grandes villes béninoises, il existe quelques centres qui accueillent les enfants et les jeunes des rues. Ces centres leur permettent de passer une nuit en dehors de la rue ou bien de leur apprendre à lire et à écrire. Le problème est qu'il n'y a pas assez de centres en comparaison au nombre d'enfants dans les rues et que, bien souvent, il est mal vu pour les enfants d'y aller. En effet, même si les enfants et les jeunes vivent « seuls » dans la rue, la plupart sont exploités à des fins sexuelles ou économiques et travaillent donc pour le compte de quelqu'un d'autre, qui ne voit pas d'un très bon oeil qu'ils aillent apprendre à lire et à écrire.

Au Bénin, un grand nombre d'enfants est également victime d'abus sexuels et contraint à se prostituer. En effet, il existe un grand marché de trafic d'enfants dans le pays. Séparés de leurs familles et sans points de repères, les enfants et les jeunes vivant dans les rues sont une proie facile et des cibles parfaites pour ce genre de marché.

 

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